Logiciel de gestion des congés : lequel choisir pour une TPE/PME en 2026 ?

En bref

Un logiciel de congés n’est pas obligatoire, mais un tableur ne suffit plus en 2026. Depuis la réforme d’avril 2024, un arrêt maladie ordinaire génère désormais des congés : un décompte manuel « qui met tout à zéro » pendant un arrêt est devenu non conforme. Les outils sérieux existent, sont matures et abordables — mais le marché reste opaque : seuls trois éditeurs affichent un prix lisible, les autres passent par un devis.

Verdict catégorie : 3,5 / 5 — des outils utiles et fiables, plombés par des tarifs souvent « sur devis ». Pour une TPE, visez un module intégré à une suite RH (congés + soldes + export paie) plutôt qu’un outil isolé.

Poser un congé par mail, tenir les soldes dans un tableur, se souvenir de qui part en août : tant que vous êtes trois, ça tient. À partir de cinq ou dix salariés, le calcul se grippe. Reliquats, RTT, fractionnement, arrêts maladie qui s’invitent dans les compteurs : la gestion des congés devient un vrai poste de travail. Un logiciel dédié promet de le reprendre en main. Reste à savoir lequel, à quel prix, et pour quel besoin réel.

J’ai passé au crible les outils que rencontre une TPE ou une PME française : modules spécialisés, suites RH avec brique congés, et solutions de gestion des temps. Voici ce que disent les pages officielles des éditeurs — et ce qu’elles taisent.

Ce que fait (vraiment) un logiciel de gestion des congés

On confond souvent trois choses. Le logiciel de congés gère les demandes, les validations et les soldes. La gestion des temps (GTA) y ajoute le pointage et les horaires. Le logiciel de planning organise, lui, la présence sur le terrain. Pour une TPE de bureau, c’est le premier périmètre qui compte : qui pose quoi, qui valide, combien de jours restent.

Un bon outil de congés vous apporte :

  • La demande en ligne, côté salarié, avec le solde affiché en temps réel ;
  • La validation par le manager en un clic, avec historique ;
  • Le calcul automatique des soldes (congés payés, RTT, récupération), et surtout leur mise à jour selon les règles légales ;
  • Un calendrier d’équipe pour éviter que tout le monde parte la même semaine ;
  • L’export vers la paie (ou l’intégration directe au bulletin).

Comparatif : 5 outils pour gérer les congés d’une TPE/PME

Le tableau ci-dessous ne retient que des données lisibles sur les sites éditeurs. Quand aucun prix officiel n’existe, je l’écris « sur devis » plutôt que de recopier un chiffre de comparateur périmé.

Outil Prix affiché Essai Cible En un mot
Lucca (module Absences, ex-Figgo) dès 3,11 €HT/collab/mois (indicatif, dégressif) Démo sur demande PME structurées La référence FR de la catégorie
Eurécia (Congés & absences) Business dès 4,20 €HT/collab/mois (dégressif) 30 jours TPE-PME et ETI Le plus transparent : prix ET essai affichés
Factorial (gestion des absences) à partir de 6,90 €HT/utilisateur/mois Oui, durée non officialisée TPE-PME en croissance Suite complète, prix d’entrée connu
PayFit (congés intégrés à la paie) Sur devis Démo commerciale TPE-PME « paie + RH » Le congé qui se répercute seul sur le bulletin
Kelio (Bodet Software) Sur devis Étude de projet PME à grands comptes Orienté GTA/badgeage, plutôt haut de gamme

Prix relevés sur les pages tarifaires officielles des éditeurs en août 2026. Les montants « dès X € » sont dégressifs et indicatifs : le prix facturé passe presque toujours par un devis selon l’effectif. Les mentions « sur devis » signalent l’absence de grille publique.

🔍 Le truc qui m’a fait tiquer

« À partir de X € » n’est presque jamais le prix réel. Chez Lucca, Eurécia ou Factorial, le tarif affiché est un prix d’appel dégressif : le montant facturé se négocie au devis, selon votre effectif. Et pour PayFit ou Kelio, il n’y a tout simplement aucune grille publique. Exigez un devis écrit tout compris (par salarié, frais de mise en route inclus) avant de signer. Les fourchettes qui circulent sur les comparateurs sont souvent périmées.

Existe-t-il un logiciel de congés vraiment gratuit ?

Réponse honnête : non, pas chez les références. Aucun des cinq outils ci-dessus n’offre de version gratuite pérenne — au mieux un essai limité. Le « gratuit » existe uniquement en freemium plafonné : certains éditeurs français ou internationaux proposent une offre sans frais jusqu’à quatre ou cinq utilisateurs, puis basculent en payant. Utile pour une micro-structure, mais vite dépassé.

Reste le tableur, l’option à zéro euro. Il dépanne à trois salariés, mais il ne sécurise rien : pas d’alerte de conflit de dates, pas de piste de validation, et surtout un calcul de soldes que vous tenez à la main — avec le risque, on va le voir, de ne plus être conforme.

Ce qui a changé en 2026 : les congés pendant l’arrêt maladie

Depuis la loi du 22 avril 2024 (transposition du droit européen), un salarié en arrêt maladie non professionnel acquiert 2 jours ouvrables de congés par mois d’absence, dans la limite de 24 jours ouvrables par période de référence. Ces droits peuvent être reportés jusqu’à 15 mois après le retour, une fois le salarié informé. Cette règle est toujours applicable en 2026.

Concrètement : un arrêt maladie ordinaire génère désormais des congés. Un tableur ou un vieux paramétrage qui remet les compteurs à zéro pendant une absence maladie est non conforme. C’est, à mes yeux, l’argument le plus solide pour passer à un logiciel dont le barème se met à jour tout seul : vous ne recalculez pas la loi à la main.

Un point daté, à mentionner au passé : les salariés en poste au 24 avril 2024 avaient jusqu’au 23 avril 2026 pour réclamer rétroactivement des congés au titre d’anciennes absences maladie. Cette fenêtre est désormais close. Reste l’application courante, elle bien active.

Pour le reste, les fondamentaux n’ont pas bougé : 2,5 jours ouvrables acquis par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables (cinq semaines) par an. Rien ne vous oblige à utiliser un logiciel — mais l’employeur doit pouvoir justifier le décompte et l’ordre des départs. C’est là qu’un outil gagne sa place.

Quel outil pour quelle taille ?

  • 1 à 5 salariés — un freemium plafonné ou un tableur rigoureux peuvent suffire, à condition d’intégrer la règle des congés pendant la maladie. Dès que la paie se complique, basculez.
  • 5 à 15 salariés — c’est le point de bascule. Un module congés d’une suite RH (Eurécia, Factorial) offre le meilleur rapport clarté/prix, avec l’essai pour tester avant de s’engager.
  • 15 à 50 salariés — le calcul des soldes et l’export paie deviennent critiques. Lucca (spécialiste de l’absence) ou une intégration paie + congés type PayFit prennent tout leur sens. Demandez un devis chiffré au salarié.
  • Équipes de terrain (restauration, commerce, soin) — regardez plutôt les outils de planning qui embarquent les absences, comme Skello ou Combo, dont ce n’est pas le cœur mais qui gèrent congés et présence ensemble.

Un dernier conseil : vérifiez que congés, planning et paie se parlent. Un congé validé doit remonter au bulletin sans double saisie. Si votre outil de congés n’exporte pas vers votre paie, vous avez déplacé le problème, pas réglé.

Le verdict de Léna

Pour une TPE/PME, prenez le module congés d’une suite RH avant l’outil isolé.

Sur ce panel, Eurécia est le plus honnête à l’achat : prix affiché et essai de 30 jours pour tester en vrai. Factorial suit avec un prix d’entrée connu et une suite complète. Lucca reste la référence de l’absence si vous êtes déjà structuré. PayFit se justifie si vous voulez paie et congés dans le même outil — à condition d’obtenir un devis clair. Fuyez le tableur dès que vous dépassez une poignée de salariés : depuis 2024, il vous met en risque de non-conformité sans que vous le voyiez.

Questions fréquentes

Un logiciel de gestion des congés est-il obligatoire ?

Non. Aucun texte n’impose de logiciel. En revanche, l’employeur doit organiser les congés, fixer l’ordre des départs et pouvoir justifier le décompte des jours acquis et pris. Un logiciel sécurise cette obligation ; un tableur peut suffire pour très peu de salariés, à condition d’être tenu correctement.

Existe-t-il un logiciel de congés vraiment gratuit ?

Pas chez les références du marché. On trouve des offres freemium plafonnées (souvent gratuites jusqu’à quatre ou cinq utilisateurs), puis payantes ensuite. Au-delà d’une micro-équipe, le gratuit devient un essai déguisé : prévoyez un budget.

Combien coûte un logiciel de congés pour une PME ?

Les prix affichés démarrent autour de 3 à 7 €HT par salarié et par mois (Lucca, Eurécia, Factorial), mais ces montants sont dégressifs et indicatifs. Chez PayFit ou Kelio, il faut demander un devis. Exigez toujours un devis écrit tout compris avant de comparer.

Un salarié en arrêt maladie acquiert-il des congés en 2026 ?

Oui. Depuis la loi du 22 avril 2024, un arrêt maladie non professionnel ouvre 2 jours ouvrables de congés par mois d’absence, plafonnés à 24 jours ouvrables par période de référence, reportables jusqu’à 15 mois. Votre outil de congés doit appliquer cette règle automatiquement.

Faut-il un logiciel séparé ou un module de la paie ?

Pour une TPE/PME, le module d’une suite RH ou de paie est généralement le meilleur choix : le congé validé se répercute sur le bulletin sans double saisie. Un outil de congés isolé n’a d’intérêt que s’il exporte proprement vers votre logiciel de paie.

Pour aller plus loin

Si vous outillez votre gestion RH, ces comparatifs complètent celui-ci : notre guide du logiciel de planning RH (pour distinguer congés et présence), notre comparatif logiciel de pointage pour TPE-PME, et notre dossier logiciel de paie en ligne pour brancher congés et bulletins.