Logiciel de planning RH : lequel choisir pour une TPE/PME en 2026 ?

Vous gérez une équipe qui tourne en horaires décalés — restaurant, boutique, EHPAD, agence — et le planning se fait encore sur un tableur partagé que personne ne regarde à jour ? C’est le point de bascule où un logiciel de planning RH devient utile. Mais attention : « planning », « pointage » et « paie » sont trois choses différentes, souvent vendues ensemble, et le marché a une fâcheuse habitude — celle de ne quasiment jamais afficher ses prix.

J’ai passé au crible quatre outils qui reviennent partout pour les TPE/PME : Skello, Combo (ex-Snapshift), Agendrix et Shyfter. Voici ce qu’ils font vraiment, ce qu’ils coûtent quand on arrive à le savoir, et comment choisir selon votre secteur et votre taille.

En bref
Note de la catégorie : ★★★½☆ 3,5/5 · Prix : à partir de ~40 €/mois/établissement, mais rarement public (« sur devis » dominant) · Essai : 14 à 21 jours selon l’éditeur · Verdict : des outils matures et fiables pour les équipes de terrain, mais un marché opaque sur les tarifs — impossible de budgéter sérieusement sans demander un devis écrit.

Planning, pointage, paie : ne confondez pas les trois

C’est la confusion la plus fréquente, et elle coûte cher. Trois besoins distincts se cachent derrière le mot « planning » :

  • Le planning (prévisionnel) : qui travaille, quand, sur quel poste. Vous prévoyez les créneaux à l’avance et vous les communiquez à l’équipe.
  • Le pointage (réalisé) : les heures réellement effectuées, badgées à l’arrivée et au départ. C’est le sujet d’un logiciel de pointage dédié — un article à part sur ce site.
  • La paie : la traduction des heures en bulletins. Là encore, c’est un métier à part entière.

La plupart des logiciels ci-dessous font le planning et le pointage, et préparent des variables de paie qu’ils exportent vers votre gestionnaire. Aucun ne remplace un vrai logiciel de paie. Retenez ceci : payez pour le planning si votre douleur, c’est construire et diffuser les horaires. Si votre douleur, c’est compter les heures faites, c’est le pointage qu’il vous faut.

Comparatif : 4 logiciels de planning pour TPE/PME

Outil Prix affiché Essai Cible type
Skello Dès 79 €/mois/établissement (Planning Standard) ; formule planning + badgeuse dès 99 €/mois ① 14 j Restauration, retail, santé
Combo (ex-Snapshift) Sur devis (~60 €/mois/établissement d’après les comparateurs ②) ~1 sem. Restauration, hôtellerie, commerce
Agendrix Dès ~3,25 $CAD/salarié/mois (offre Essentiel) ; module Temps & présences +2,25 $CAD ③ Jusqu’à 21 j Commerce, services, multi-sites
Shyfter Sur devis (~40 €/mois, utilisateurs illimités, d’après les comparateurs ②) ~15 j Restauration, retail, PME terrain

① Prix issus de la page tarifs officielle Skello (juillet 2026), par établissement. ② Combo et Shyfter ne publient pas de grille tarifaire officielle claire : les montants indiqués viennent de comparateurs tiers (juillet 2026) et sont donnés à titre indicatif, pas comme prix éditeur. ③ Agendrix affiche ses tarifs en dollars canadiens (éditeur québécois) : comptez un ordre de grandeur d’environ 3 €/salarié/mois, à confirmer selon le taux de change et le devis France.

Ce que vaut chaque outil, concrètement

Skello — Le plus lisible sur les prix, et c’est déjà un point rare. C’est un éditeur français taillé pour la restauration, le retail et la santé, avec planning, gestion des absences, préparation des variables de paie et signature électronique des feuilles d’heures sur les offres hautes. On peut prendre le planning seul (dès 79 €/mois/établissement) ou la formule planning + badgeuse (dès 99 €/mois). Essai de 14 jours. Si vous voulez savoir combien vous allez payer avant d’appeler un commercial, commencez par lui.

Combo (anciennement Snapshift) — Le poids lourd du planning en restauration et en commerce français. Il gère les shifts, les contrats d’extras, l’annualisation du temps de travail et les alertes de dépassement horaire — exactement les cas tordus d’un restaurant ou d’une boutique. Revers de la médaille : pas de grille tarifaire publique. Vous passez forcément par un devis, et l’essai annoncé est court (de l’ordre d’une semaine). C’est l’outil à shortlister si votre secteur, c’est le CHR.

Agendrix — Éditeur québécois, séduisant sur un point que les autres cachent : un tarif par salarié affiché publiquement, avec une logique de modules (planning de base, puis Temps & présences en option). Pour une petite équipe, ça peut revenir moins cher qu’un forfait par établissement. L’essai va jusqu’à 21 jours, sans carte bancaire. Le bémol : les prix sont en dollars canadiens et le support est pensé pour l’Amérique du Nord — vérifiez la conformité au Code du travail français et demandez un devis en euros.

Shyfter — Éditeur belge qui met en avant des utilisateurs illimités sur ses offres, ce qui casse la logique du prix par tête quand vos effectifs grossissent. Planning, suivi du temps et préparation de la paie en tout-en-un. Là encore, pas de tarif éditeur officiel vérifiable : les ~40 €/mois cités circulent chez les comparateurs, pas sur une page de prix claire. À tester si vous avez beaucoup de salariés à planifier pour un budget serré — mais faites confirmer le tarif par écrit.

Le truc qui m’a fait tiquer
Sur quatre outils, un seul (Skello) affiche des prix que l’on peut vérifier sur sa propre page tarifs. Les trois autres renvoient au devis. Ne signez jamais sur une fourchette lue chez un comparateur : elle date, elle ignore votre nombre d’établissements et elle oublie souvent les modules payants (pointage, RH, primes). Exigez un devis écrit, tout compris, avant de vous engager.

Et une solution gratuite, ça existe ?

Soyons clairs : parmi ces quatre outils, aucun ne propose d’offre 100 % gratuite et permanente pour planifier une équipe. Le mot « gratuit » désigne toujours la période d’essai (14 à 21 jours), jamais un plan durable. C’est vrai pour tout le marché du planning terrain en 2026.

Pour une équipe de moins de 5 personnes aux horaires stables, un tableur partagé (Google Sheets, un classeur en ligne) reste honnêtement suffisant et coûte zéro euro. Le logiciel devient rentable quand vous cumulez : rotations complexes, remplacements de dernière minute, demandes de congés à arbitrer, et une obligation de tracer les heures. En dessous, vous paieriez surtout pour du confort.

Comment choisir selon votre taille et votre secteur

Pour 5 salariés — Un tableur suffit souvent. Si vous outillez quand même, visez le tarif par salarié (Agendrix) plutôt qu’un forfait par établissement qui vous ferait payer pour une capacité inutilisée.

Pour 15 salariés en restauration ou commerce — C’est le cœur de cible de Combo et Skello. Prenez celui dont le devis inclut la gestion des extras et l’annualisation si votre activité est saisonnière.

Pour 30 salariés multi-sites — Vérifiez la facturation par établissement : à ce stade, un forfait par site peut exploser, et une logique par salarié (ou les utilisateurs illimités de Shyfter) devient plus prévisible.

Pour un EHPAD ou une structure médico-sociale — Le planning n’est qu’une brique : il vous faut aussi la gestion des cycles, des conventions collectives et souvent la paie multi-conventions. Regardez d’abord un logiciel RH pensé pour l’EHPAD, où le planning est intégré au reste.

Le planning et la paie doivent se parler

Un bon logiciel de planning ne vit pas seul. Son intérêt réel, c’est de transformer les heures planifiées et pointées en variables de paie — heures supplémentaires, majorations de nuit, primes de dimanche — pour éviter la double saisie. Avant de signer, posez la question précise : « Votre export de variables est-il compatible avec mon logiciel de paie ou mon gestionnaire ? » Si la réponse est floue, vous récupérerez un fichier à retaper à la main chaque mois, et vous aurez payé pour rien. C’est le même réflexe que pour outiller les autres fonctions RH : l’outil ne vaut que par ce qu’il fait gagner en aval.

En résumé

Le marché du planning RH pour TPE/PME est mûr et fiable, mais opaque sur les prix. Skello est le plus transparent et un bon défaut pour la restauration/retail. Combo domine le CHR mais impose le devis. Agendrix intéresse les petites équipes avec son tarif par salarié affiché. Shyfter joue la carte des utilisateurs illimités pour les gros effectifs. Dans tous les cas : essai gratuit d’abord, devis écrit tout compris ensuite, et vérification que l’export vers la paie fonctionne vraiment.

Questions fréquentes

Quel est le prix d’un logiciel de planning pour une TPE ?

Comptez à partir d’environ 40 à 80 €/mois par établissement pour les offres d’entrée de gamme, mais la plupart des éditeurs (Combo, Shyfter) ne publient pas de grille officielle et facturent sur devis, selon votre nombre de salariés et d’établissements. Seul Skello affiche des prix vérifiables (dès 79 €/mois). Demandez toujours un devis écrit tout compris.

Existe-t-il un logiciel de planning d’équipe gratuit ?

Pas de façon durable pour ces outils : le « gratuit » se limite à un essai de 14 à 21 jours. Pour une équipe de moins de 5 personnes aux horaires stables, un tableur partagé reste une alternative gratuite honnête. Le logiciel devient rentable au-delà, quand les rotations et les remplacements se multiplient.

Planning et pointage, c’est la même chose ?

Non. Le planning est le prévisionnel (qui travaille, quand). Le pointage enregistre les heures réellement effectuées. Beaucoup d’outils font les deux, mais souvent le pointage est un module payant en plus. Si votre besoin principal est de compter les heures faites, orientez-vous vers un logiciel de pointage dédié.

Quel logiciel de planning pour un restaurant ?

Combo (ex-Snapshift) et Skello sont les deux références françaises du secteur CHR : gestion des shifts, des extras, de l’annualisation et des alertes de dépassement horaire. Testez les deux pendant l’essai gratuit et comparez les devis en incluant le nombre exact d’établissements.

Un logiciel de planning remplace-t-il un logiciel de paie ?

Non. Il prépare les variables de paie (heures, majorations, absences) et les exporte, mais il n’édite pas les bulletins. Vérifiez avant de signer que cet export est compatible avec votre logiciel de paie ou votre gestionnaire, sinon vous devrez ressaisir les données chaque mois.